Pour ce #14Juillet Faut-il désobéir a la loi pour être un bon citoyen ? via @Franceculture

, par  Laure Isabelle LIGAUDAN , popularité : 94%

Dans les griefs mis en avant pour répondre la vindicte populaire des Taxis contre UberPop, il a été évoqué la « Non conformité de la durée de conservation des données a caractère personnel » de #UBER sur ses serveurs.

Ceci est un rappel à une loi qui porte le joli nom, oh combien d’actualité, de Informatique et Libertés (je vous fais noter le « s » à Liberté).

Depuis 1978, cette loi a pour objet de protéger notre vie privée au sein des systèmes d’informations automatisés ou pas.

Comment ?
Elle contraint, sous peine de sanctions pénales et civiles les responsables de ces traitements (fichiers informatiques ou papiers) à respecter certaines règles liées à la sécurisation, l’archivage, l’accès, la gestion des autorisations d’accès à ces informations quelquefois sensibles concernant les personnes et quelques autres choses.
Elle leur demande de nous informer des raisons de ces collectes d’informations quelquefois intrusives et de nous demander notre consentement.

Elle a obligé a donner une finalité à la collecte de certaines informations, a déclarer certains fichiers, voir à en demander l’autorisation de mise en œuvre à l’autorité qui en gère l’application, en l’occurrence La CNIL.

Cette loi est contraignante et n’a jamais reçu le soutien politique nécessaire, elle est bafouée et avant tout ignorée et les organisations qui s’en méfient (quelques rares) dépensent plus d’argent pour la contourner que pour la respecter car elle est considérée comme une entrave au progrès du développement de l’économie numérique.

Elle n’a donc jamais été considérée pour ce qu’elle est, un socle fondamental du respect de la constitution des droits de l’Homme et de la protection de nos libertés civiques.

Depuis 2004, au moment de la révision de cette loi et de l’apparition du Correspondant Informatique et Libertés, je travaille à la sensibilisation auprès des organisations mais également des individus, futurs professionnels et étudiants afin qu’il transforme leur vision de cette loi au vue des enjeux de ce qu’on appelle aujourd’hui la #Privacy.

Pour l’experte que je suis, la gouvernance des données a plus de sens aujourd’hui et c’est l’éthique qui primera sur la conformité qui bien qu’un socle qui doit être parfaitement connu, doit pouvoir s’adapter à la transition économique que nous vivons et que nous devons accompagné tant en terme sociétal que législatif ou social.
La #Privacy devient donc un élément crucial du développement économique et ne peut être dissocier de la sécurité et de la politique.
Sa gestion dans le cadre de celles des données en général, devient un enjeu majeur pour les organisations car elle représente l’humain, tout simplement.

Je pourrais vous parler de ce choc des cultures qui fait que votre photo sur Facebook de votre mémorable cuite à la fac ne sera pas perçue de la même façon par un RH anglo-saxon ou français.

Je pourrais évoquer la hausse massive de votre assurance santé si suite à des nombreuses alertes (3 risque d’être le choix consensuel de toutes les mutuelles) de sa part, vous continuez a ce qu’elle estimera trop fumer, manger ou boire car vos objets connectés et l’ensemble des traces que vous laissez volontairement en ligne lui permettra de s’autoriser pour votre bien à penser à votre place.

Je pourrai vous parler de ce secret que vous ne voulez pas encore divulguer tout de suite mais que vos recherches en ligne ont déjà identifiées et pour lequel certains opérateurs n’hésiteront pas à vous proposer services et produits adéquats !

Je pourrai vous parler de ces algorithmes prédictifs de comportements de masse qui vont bientôt définir les décisions de nos politiques dont la vision se résume à leur réélection prochaine et qui penseront minimiser les risques en faisant confiance aux machines et à leur profilage de plus en plus précis.

Je pourrai vous faire peur au de là même de ce que nous a proposé Orwell avec 1984 car, en fait, c’est déjà largement dépassé ☺

Nous sommes nombreux a avoir alerté, écrit, éduqué, proposer des solutions, nous sommes des experts, des citoyens éclairés ou des inquiets, des geek ou des déconnectés.

Nous nous sommes mobilisés sur tous les projets où l’enjeu de la protection de notre vie privée a du sens depuis l’installation de modèles économiques basés sur la collecte de nos données à caractère personnel, leur mutualisation et leur revente jusqu’aux lois sécuritaires qui autorisent à bafouer la présomption d’innocence voir même la simple curiosité pour en faire un faisceau de suspicions.
Toutes ces actions préventives qui font du « potentiel » un possible probable et qui fait de l’activiste un terroriste en puissance.

Et oui on fait du Smart Data avec du Big Data et du BigData avec de la Data mais la Data la plus prisée c’est la Personnal Data et la Personal data c’est nos habitudes, nos usages, nos déplacements, nos croyances, nos addictions, nos comportement d’achats, nos voyages, nos recherches, nos amis, nos ennemies, nos centres d’intérêts, nos engagements, nos indignations, nos colères et l’unique objectif est de nous prédire pour le meilleur, c’est ce qu’on nous vend mais aussi pour le pire.
Ce n’est pas une option, c’est un fait, l’un ne va pas sans l’autre. Nous devons fonctionner à la confiance…

Aussi nombreux soyons nous, aussi compétents soyons nous, il semble que nous n’ayons pas de bras donc … pas de chocolat et si il y a bien un truc qui peut me mettre en colère, c’est me priver de chocolat …

Il me semble donc temps de réagir avant qu’on nous en retire complètement les moyens et pour répondre à la question posée ce matin dans un tweet de France Culture en cette belle journée de célébration de la révolution : « Grain à Moudre. Pour ce #14juillet, Faut-il désobéir à la loi pour être un bon citoyen ? et bien ma réponse est définitivement OUI et on va s’en donner les moyens !
A suivre …

Voir en ligne : Points de vue et images de LiL