Le street Art, les élites et le numérique poke @elisa_ou @doremydom

, par  Laure Isabelle LIGAUDAN , popularité : 93%

Dans la rue DENOYEZ à Paris dans le 20eme, le Street Art a pris ses droits depuis longtemps.
Cette espace entre la rue Ramponneau et la rue de Belleville accueille des structures comme le Développement Local de la ville pour certains quartiers du 20eme arrondissement et surtout cette rue est un haut lieu de Street Art.

On y passe pendant la Nuit Blanche, elle fait maintenant partie de certains circuits touristiques.

Cette rue est en danger actuellement car toute cette fièvre culturelle citoyenne n’avait droit de cité que le temps de pause d’un projet immobilier, elle doit maintenant y faire place sans mot dire.

Evidemment que la Mairie est dans son bon droit mais comment ne pas s’interroger sur ce symbole d’un fonctionnement dont il serait temps de remettre la légitimité en doute sur de nombreux fronts.

Il semble que dans notre beau pays, tout ce qui vient du bas soit sujet à fin de non recevoir.
Je me souviens encore du discours de M.Sarkozy aux Maires de France rassemblés et qui tentent de résister sur le terrain à la morosité et à la précarité.

Et je m’interroge ...

Quand depuis tant d’années, une auto gestion régulée autour d’une expression culturelle populaire, citoyenne et reconnue prend un pouvoir naturel et devient lieu de vie et d’art sans la moindre aide, on pourrait peut être le mettre en parallèle avec certains lieux estampillés "Culturel", qui ont couté des millions et pour lesquels on peine à y faire venir du public, enfin je crois...

On pourrait également reconnaitre une réussite sociale et sociétale et l’accompagner plutot que couper une belle veine jugulaire d’un quartier, je pense également à la Miroiterie...

Personnellement, je m’ interroge sur la façon dont on fonctionne depuis toujours, cette façon pyramidale et élitiste qui dénigre le fameux Bottom down que le numérique implique et qu’il faudrait comprendre à tous les niveaux, dont celui que la rue Dénoyez démontre.

C’est pourtant démontré, le street Art est éphémère et le numérique en trace la mémoire artistique, il conserve l’ensemble des oeuvres qui s’effacent naturellement sous la création d’un autre artiste.
Au passage, nous n’avons jamais entendu de coup de couteau donné ou reçu, au pire ou de procès en propriété intellectuelle pour cette effacement consenti des oeuvres dans la vrai vie au profit de la création et de l’enregistrement dans la mémoire collective du Web.

Il semble donc que l’éphémère puisse être accepté par les artistes eux même si une galerie virtuelle est mise en oeuvre, c’est certainement trop d’apprentissage d’un coup pour nos "élites déconnectées".

Encore une fois, la culture et l’art nous donnent un bel exemple d’un dysfonctionnement que l’on retrouve dans tous les systèmes de pouvoirs hiérarchiques dans lesquels les décideurs et décideuses n’envisagent une quelconque légitimité que si elle est initiée dans leurs bureaux et qu’à ce titre elle ne supporte aucune remise en question.

C’est fatiguant ...