Hackathon et #PRIVACY ?

, par  Laure Isabelle LIGAUDAN , popularité : 89%

La « philosophie » de l’hackathon prend sa source dans les idées des communautés de développeurs du mouvement Free/Libre Open Source Software. Que ce soit au travers d’évènements festifs tels que le Burning Man ou plus studieux comme les barcamps, l’esprit communautaire a toujours été d’autant plus fort que les signes distinctifs sont nombreux : jargon technique, expertise pointue, mode de vie particulier.

L’ouverture est un héritage direct de l’esprit de l’open source. Elle se décline de plusieurs manières et notamment à travers l’entraide pendant le concours, où les échanges entre compétiteurs sont nombreux, facilités par la proximité, voire la promiscuité du lieu et une ambiance souvent festive. Au bout du compte, le résultat n’a pas plus d’importance que la course elle-même.

Le mérite est le principal moteur des participants à cette course. Les développeurs sont des auteurs compositeurs (au sens le plus large). À ce titre, ils cherchent principalement la reconnaissance des pairs, à même de juger la qualité du travail accompli, avant celle d’un public, partiellement profane.

L’expérimentation, et la sérendipité sont également très présentes dans ce type de manifestation.

Enfin la vitesse est une caractéristique déterminante de l’organisation. Le délai de réalisation extrêmement court introduit un stress positif dans les équipes. Il focalise les participants sur le résultat final. Il exclut tout ce qui pourrait retarder la réalisation : études de faisabilité, discussions stériles. Dans la prise de décisions, il redonne une place importante à l’instinct et contribue à maintenir la concentration des développeurs sur les taches essentielles au fonctionnement général du projet. En imposant le travail de nuit, il confère un caractère exceptionnel à l’évènement, renforçant probablement le plaisir d’y participer.

Voir en ligne : Hackathon — Wikipédia

Ce qu’il y a d’ extraordinaire dans ce hackathon, de novateur c’est la place donnée à la Privacy by design !

https://docs.google.com/document/d/1CzvlACahEj_qqK2zLEZrxk8Z-dpnp50mP9zDxwIwa8k/edit

J’en appelle à tous ceux et celles qui vont lire cet article, combien de hackathons, BarCamp ou autres activités du genre avez vous vu avec une Mme Privacy ou un M. je ne suis pas sexiste :)

C’est le fruit d’un long travail (la transversalité des compétences a toujours été un de mes grands combats), de rencontres (le monde du hacking, de l’open source et du libre n’est pas le même que celui de la Privacy et les liens forts sont à construire) , de discussions (a force de pratiquer le privacy évangélisme, on finit par faire de l’interaction) et d’une determination sans faille (car je reste persuadée que la Privacy est le bastion, le socle de la liberté sur le net y compris pour les entreprises :)
Ma rencontre avec Karine Halpern a été fortuite dans le cadre d’un Barcamp.
Nos échanges et nos discussions nous ont amené à constater que nous avions en commun le CROSS et le TRANS comme guideline de nos chantiers de construction professionnelle :)
La privacy s’est donc invitée naturellement sur son projet de Hackathon sur l’éducation et mon rôle de transmediatrice s’est doublé de celui de Mentor concernant ce domaine.

Et cette petite chose que sera la place de la Privacy by Design dans un espace temps comme celui que nous allons partager n’est pas anodine.

Tous les process de co-construction, de changements, d’innovations, de transitions sont aujourd’hui numérique (dans le sens collaboratif, participatif, démocratique) et aboutissent souvent (dans le cas d’un hackathon, dès la conception) au partage, à l’échange et à de la production d’outils où vont circuler des données nous concernant (le RSE ou l’ESS en sont les fers de lance en terme de gouvernance tout comme le citoyen dans ses démarches politiques ).

Ce qui permet la co-construction, c’est la confiance et elle est basée sur la transparence ou l’éthique.

Oui mais de quoi, chacun porte un périmètre assez personnel de sa zone de trahison ;)

Le seul périmètre commun est la façon dont va se manifester clairement les intentions manipulatoires (je sais que beaucoup n’aime pas le mot mais il n’est pas sale) autour des informations que chacun délivre en entreprise, sur les réseaux privés et qui nous identifient dans nos engagements, nos combats, notre philosophie de vie, nos choix, nos gouts, nos priorités, bref qui nous profilent (et là on peut parler gros sous et choix de sociétés en devenir).

Et bien c’est exactement le périmètre de la privacy et La privacy by design en est la méthode opérationnelle pour que la reflexion se fasse au commencement de tout process qui implique l’humain.

Je suis donc particulièrement fière de porter cette philosophie dans le cadre de la semaine du numérique pour ce hackathon sur l’éducation ou elle a toute sa place.