Données personnelles : sortir des injonctions contradictoires

, par  Laure Isabelle LIGAUDAN , popularité : 98%

Le marketing prédictif est le meilleur ami de la surveillance car il recueille et traite les données toujours plus fines sur l’individu qui rendent cette dernière techniquement possible. Tout ce qui peut contribuer à affaiblir ce marché est bon pour notre société et les libertés individuelles.

Voir en ligne : Vecam - Données personnelles : sortir des injonctions contradictoires

Ce petit bout de phrase extraite de l’excellent article de Valérie Peugeot n’est pas significatif de l’ensemble.
Ce que l’ensemble dit et décrit dans le détail est pédagogique et donne un avis éclairé sur le numérique en général, le big data en particulier et les données des individus qui sont utilisées à bon ou mauvais escient, devrai-je dire en fonction de ce que ces personnes veulent qu’on en fasse et en fonction de tout ce que l’on peut en faire sans que ces personnes le sachent.

Je ne vous conseillerai que trop de lire cet article qui sur les constats et les pistes de solutions est fort pertinent et je vais tenter de ne pas faire de redite sur le peu que je souhaite apporter.

L’idée de travailler vers l’open source afin de permettre une surveillance de la communauté hacktive des usages et pratiques de la collecte des données quelques soient leurs finalités déclarées ou détournées relève plus largement de la mise en oeuvre de la démocratie participative.

A titre personnel, c’est un développement des outils que je pratique de façon collaborative et qui permet l’assise d’une éthique de la gestion des données que nous fournissons bien volontairement en contre partie des services qui nous conviennent.

Cela dit, cette vigilance est à mettre en perpective avec la fameuse fracture numérique qu’on ne peut ignorer et qui fait de la démocratie une potentielle forme d’élitisme et de discrimination.

Le recours à la plainte collective (Class action) est, dans cette dynamique un acteur de cette même démocratie participative qui permet une sanction populaire.

Il se peut, dans cette prise de conscience qu’il soit néanmoins nécessaire d’assurer des cadres juridiques strictes et soumis à sanctions fortes même si la démonstration de la bonne intention et de la capacité à reporter et argumenter ses choix demeureraient le socle du constat de mauvaise foi et d’illégalité.

Ce que le règlement à venir nomme l’acountability me semble être, une piste non négligeable qui évite une application bête et méchante de la loi mais qui en la renforçant évite également de la contourner aisément voir de ne pas l’appliquer.

Pour tout le reste, il me semble que tous les outils organisationnels, de communication, des usages et pratiques issus du numérique (intelligence collective, mode collaboratif et participatif, validation par les personnes concernée ...), la technique (open source, chiffrement) doivent être mis à contribution afin de nourrir une pratique éthique de la gestion des données (comprenant des spécificités pour les données personnelles et sensibles).

Il reste à définir ce qu’éthique peut bien vouloir signifier puisqu’il s’agit de choix qui reposent sur les valeurs fondatrices.

Et c’est là que je ne peux que revenir à l’importance de la loi qui périmètre l’éthique dans une conformité, flexible à l’évidence pour qu’elle ne contraigne pas l’innovation, le progrès et la demande des individus mais stricte afin d’éviter tous les détournements.

Si l’éthique était garante à elle seule, j’ en serai ravie à condition que ce soit la mienne, et là réside sa limite.